La belle Lévrière

Promenade au fil de la Lévrière, belle rivière de Haute Normandie, depuis sa source jusqu’à sa rencontre avec l’Epte

02 septembre 2009

Le château de la Reine Blanche de Navarre

En se promenant dans le joli village de Neaufles-Saint-Martin, au détour d'un chemin, on aperçoit une tour en ruine.

C'est le château de la Reine de France, Blanche de Navarre (1333-1398), épouse du roi Philippe VI de Valois. Reine douairière durant près d'un demi-siècle, elle tenait en son douaire de Neaufles une cour très active et elle y avait le droit de justice. Aujourd'hui, le château est hélas à l'état de vestiges. Il n'en reste actuellement que la motte sur laquelle fut construit le donjon, et le fossé.

Le château a été construit au IXe siècle, probablement en bois.  En 856, le roi Charles le Chauve réunit à Neaufles les grands du royaume afin d'organiser une riposte aux attaques normandes. Neaufles est situé au bord de l'Epte, rivière choisie en 911 dans le traité de Saint Clair sur Epte comme limite de la Normandie. Ces nouvelles frontières font donc de Neaufles une place stratégique dans l'organisation des défenses. Le château est alors reconstruit en 1097 par Robert de Bellême en calcaire et en silex. Il présente de nombreuses caractéristiques communes aux château de cette frontière de l’Epte. Il est construit au-dessus de son affluent, la Lévrière, entre Gisors et Neufmarché, pour renforcer la ligne de défense face aux châteaux français de Trie, Courcelles, Boury et plus loin Chaumont-en-Vexin.

Le gros-oeuvre de calcaire et de silex, est encore très visible aujourd'hui.

En 1196, la signature du traité de Gaillon rend Gisors et le Vexin Normand à la couronne de France. Sous le règne d'Henri IV, le château fut démantelé et seul le donjon,  la fameuse Tour de la Reine Blanche subsista. Elle fut malheureusement très dégradée sous Mazarin en 1647, qui avait organisé le grand arasement de toutes les forteresses qui auraient pu nuire au pouvoir royal.
Aujourd'hui elle est en partie éventrée.

Les vestiges que l'on peut voir mesurent 20 mètres de hauteur pour 13,60 mètres de diamètre, avec de puissants murs épais de près de 3 mètres. Elle abritait trois étages sur plancher ouvert par des oculi appareillés.

Les murs entourant la motte et la tour ont disparu, mais de profonds fossés et des enceintes de terre sont encore visibles, délimitant une vaste basse-cour et protégeant la motte, du côté du plateau.

Les rumeurs de la Cour de France se sont depuis longtemps effacées.

Les reines et princesses d'aujourd'hui semblent bien paisibles...

12 août 2009

Patrimoine en ruines à Neaufles

Voici notre belle rivière, notre Lévrière, arrivée au terme de son voyage, à Neaufles St Martin, l'un des plus jolis villages de son parcours. Son passé est probablement le plus riche et le plus glorieux de tous. De magnifiques bâtiments témoignent encore aujourd'hui de cette grandeur passée. Mais dans quel état!

Beaux vestiges d'un passé dynamique tombant en ruine,

activités humaines déchues et oubliées,

c'est tout le sort que notre époque réserve aux sites qui ne peuvent rapporter d'argent immédiatement.

En dépit des sommes considérables dépensées pour attirer à tout prix les touristes, l'idée d'investir dans le futur par le biais de la conservation de notre patrimoine n'a pas l'air de séduire les décideurs.

Assurément, sauvegarder et maintenir tous ces magnifiques témoignages serait un réel investissement pour demain. Car c'est le touriste d'aujourd'hui qui, par sa venue, remercie tous ceux qui ont investi hier en construisant nos villages, nos églises, nos paysages.

Pourquoi si peu d'intérêt pour ces beaux bâtiments anciens? Parce que tout doit rapporter de plus en plus vite. Alors on voit fleurir dans la région ces infâmes zones d'activités, vite construites, vite dégradées, au détriment de nos riches terres agricoles. Et la pression des faiseurs d'argent rapide est forte, manifestement. Les merveilleux paysages défigurés par des zones pavillonnaires lugubres, odieuses verrues parasitant d'anciennes et jolies bourgades, ne se comptent plus...

Impossible, dans ces conditions, de penser aux vraies richesses, celles qui pourraient réconcilier nos enfants avec nous-mêmes, autour du plaisir d'admirer les réalisations de nos aïeux, respectées et entretenues pour eux!

Oh, belle Lévrière, toi qui as tant donné aux hommes, et depuis toujours, que penses-tu du misérable spectacle qu'on t'offre à l'endroit même où, ta mission étant accomplie, tu disparais dans l'Epte?

Ce magnifique bijou rutilant, est-ce là une manière de consolation?

11 novembre 2008

L'église St Martin de Bézu la Forêt, la statuaire

La chapelle sud du transept, fort bien éclairée, recèle de vrais trésors.

C'est le cas de ce St Roch en bois avec son chien et un ange, réalisé au début du XVIIème siècle.

A sa droite une statue de Sainte Catherine d'Alexandrie, datant du XIVème siècle, en marbre blanc. On remarque qu'elle tient une roue, symbole de son supplice.

Une Sainte Barbe en bois, du XVème siècle, tenant sa tour, veille aussi dans cette église.

La chapelle nord du transept, la chapelle Sainte Marie, est elle aussi très intéressante.

La statue de la Vierge y trône tout naturellement. A sa gauche, Sainte Anne

et à sa droite, Saint Joseph.

 

Posté par VertdeGris à 20:08 - b2 St Martin de Bézu la Forêt - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

L'église St Martin de Bézu la Forêt, visite à l'intérieur

En pénétrant dans l'église par le porche, on se trouve sous le clocher auquel on accède par une échelle de meunier assez raide! Pratique quand on porte la longue robe de sacristain! On note tout de suite la voûte, haute et lambrissée, en coque de bâteau retournée.

C'est là que sont installés les fonts baptismaux.

De part et d'autre de la belle allée centrale en tommettes rouges, qui divise la nef en deux parties, la lumière joliment filtrée par les vitraux, entre avec douceur.

Tout autour du choeur et de l'abside, des panneaux de bois couvrent les murs,

y compris derrière le maître hôtel.

Malheureusement, ils ont été volontairement endommagés pour faire disparaitre l'emblème de royauté se trouvant sur l'écu central.

Au-dessus des lambris, côté sud, se trouve une pierre gravée d'une inscription en vieux français. Dans son précieux ouvrage, Promenade en vallée de Lévrière, Mr Lucien Rousselin en indique la signification: "le dimanche 16 mai 1484, Robert Clément, évêque d'Ipône, suffrageant de Monseigneur l'évêque de Rouen, dédia cette église, maître Nicolas de La Rue étant curé de céans, et en présence des doyens de Gisors, du curé de Beauficel, de plusieurs autres curés et de Guillaume d'Argences, écuyer, seigneur en partie du dit Bézu"

10 novembre 2008

Une musique pour la Lévrière

09 novembre 2008

La Fontaine du Houx, château des rois de France

Le château de la Fontaine du Houx

C'est au sortir de la forêt de Lyons, tout près des sources de la Lévrière, que fut construit ce château très plaisant.

Dans son excellent ouvrage "Promenade en vallée de Lévrière", Mr Lucien Rousselin, cet enfant de Bézu la Forêt amoureux de la Lévrière, indique qu'il fut habité par les Rois de France, probablement dès l'époque mérovingienne. Puis les rois carolingiens le fréquentèrent, particulièrement Charles le Chauve qui y résida. Son petit fils Carloman y fut mortellement blessé par un sanglier en 884. Le château fut ensuite abandonné pendant les invasions vikings et même au delà de la fondation du duché de Normandie par le traité de St Clair sur Epte en 911.

Ce ne serait qu'après le retour de la Normandie dans le giron français, en 1204, qu'un manoir y fut reconstruit. C'est ainsi que dès la fin du 13ème siècle, Philippe le Bel et après lui ses trois fils y séjournèrent. Philippe VI de Valois, qui y fit exécuter des travaux, fut probablement le dernier roi à y résider.

Ce sont les eaux de la Lévrière que nous voyons dans les douves.

Elle vient de la forêt par les prés, en compagnie des belles et paisibles vaches baciviennes.

Tout au long de son parcours sous les murs du château, elle se montre parfaitement digne de la cour des rois de France.

Mais tant d'apparat ne lui sied pas longtemps. Elle repart discrètement, par champs et bois, vers d'autres horizons.

08 novembre 2008

La Fontaine du Houx, rendez-vous de chasse royal

Une famille royale ne saurait chasser n'importe où. Il y a des incontournables: un terrain giboyeux (c'est le moins!), un gîte de grande qualité (pour se requinquer comme il faut!), et un agréable cours d'eau (c'est ce qui place l'endroit au dessus du commun). Le beau manoir de la Fontaine du Houx rassemble tout cela, grâce à la Lévrière.

C'est donc en franchissant ce pont sur la Lévrière qu'on entre dans la cour.

La grande porte traverse le Pavillon Henri IV.

Elle déssert l'intérieur du quadrilataire formé par l'ensemble des bâtiments du château.

L'endroit vous communique d'emblée l'harmonie qui le caractérise.

D'où lui vient une telle réussite? Classicisme, unité et sobriété en sont peut-être les raisons premières. Mais aussi certainement, ses dimensions humaines, ses couleurs douces et chaudes, l'emploi de matériaux du pays et bien sûr son ange gardien, la Lévrière!

Quelle chance de pouvoir admirer cette statue à l'occasion des Journées du Patrimoine!

07 novembre 2008

La Fontaine du Houx: un ensemble de bâtiments très harmonieux

Aux alentours immédiat du château, quelques fort jolies constructions complètent le tableau si plaisant que constitue ce lieu merveilleusement préservé. C'est le cas de ce beau pavillon de gardiens.

C'est aussi le cas de cette chapelle probablement bâtie au XIVème siècle. Elle est dédiée à Saint Eutrope qui se trouve donc en résidence permanente à la Fontaine du Houx.

Un grand connaisseur de cet endroit, Mr Lucien Rousselin, indique dans son bel ouvrage intitulé Promenade en vallée de Lévrière: "Monseigneur d'Aubigné, archevêque de Rouen vint visiter cette chapelle le 27 septembre 1716... Le procès-verbal de cette visite précise qu'en ladite chapelle, on ne disait la messe que le jour du patron où se trouvait un grand concours de peuple."

On ne saurait quitter un si bel endroit par une porte banale!

06 novembre 2008

La Fontaine du Houx, joyau dans un écrin d'arbres

Comment anoblir un lieu? Les anciens avaient bien compris que la seule pierre, même magnifiquement architecturée, ne suffisait pas. La création d'un domaine imposant s'accompagnait donc toujours d'une mise en scène destinée à le mettre en valeur durablement. Et quoi de plus durablement spectaculaire que de beaux arbres?

Et quoi de plus impressionnant qu'une double allée de hêtres majestueux?

Chaque nouvelle année les voit s'étoffer. Leur grandeur se communique au joyau qu'ils mettent en valeur.

Et chaque saison renouvelle le décor!

11 septembre 2008

Le pont noir

Un pont noir? Pour enjamber la belle Lévrière? Est-ce possible? Cela fait peur... Et cela ne lui ressemble pas.

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D'ailleurs, vu de près, on ne comprend vraiment pas ce qui justifie ce nom. Le pont est simple et de bon aloi

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et la Lévrière apparaît souriante et détendue,

tout en témoignant d'un vrai dynamisme de rivière adulte, dont le débit est incontestablement important et rapide.

A ce stade de son cours, elle est sûre d'elle, offrant à son environnement une indéniable beauté et beaucoup de poésie.

Ici, chaque être vivant lui est redevable et le lui dit.




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