Discrète et modeste jeune rivière
Toute jeune et modeste, sortant de la forêt, la Lévrière traverse son premier village en toute discrétion.

Mais heureusement pour les visiteurs de Bézu le Forêt, la rambarde du pont est très opportunément ajourée.

Et on la voit filer tout droit. Comme si elle voulait ne pas s'attarder, ne pas se faire remarquer...

Peut-être est-elle encore un peu craintive à l'égard de ces habitations humaines qu'elle découvre?


Les arbres omniprésents à Bézu la Forêt
A Bézu, la forêt a laissé la place à une zone habitée et ce sont d'autres espèces d'arbres, très décoratives, qui servent d'écrin aux belles demeures du village.

Mais la forêt n'est pas loin. Le regard la rencontre très vite au delà des prés.
Et les exploitants agricoles, ces architectes de nos paysages, ont ici du sens pratique et de la poésie.
C'est ainsi que les clôtures végétales manifestement fort efficaces embellissent encore ce lieu déjà si plaisant.

Et l'arbre de Bézu la Forêt vit tranquillement sa vie. S'il le souhaite, il épouse un lierre et tous deux finissent leur vie ensemble, sans que personne ne vienne bannir cette union!

Il y a même un respect des arbres morts, ceux qui ont fait le paysage d'hier et qui resteront à leur place, jusqu'au bout...

Comme il se doit, la petite place du village est magnifiquement ornée, par de beaux arbres naturellement!

N'est-ce pas cet amour de l'arbre, du bois, que l'on retrouve sur les murs des maisons?

Les vaches baciviennes
Les baciviennes, une nouvelle race de vaches, croyez-vous?

Non, ce sont les vaches de Bézu la Forêt.
Car les Baciviens sont les habitants, au nombre d'environ 200, de cette fort jolie commune située dans le département de l'Eure (région de Haute-Normandie) et appartenant au canton de Lyons-la-Forêt et à l'arrondissement des Andelys. Elle culmine à une altitude de 114 mètres environ.
Et c'est le territoire de cette commune que la Lévrière traverse au sortir de la forêt de Lyons où elle prend sa source.

Et elle découvre le plaisir de gambader dans l'herbe grasse.

Et les vaches baciviennes, d'une belle couleur ivoire lui tiennent compagnie.


Douce et palpitante comme... une lévrière!
Non, ce n'est sûrement pas le fruit du hazard.
Le lévrier n'est-il pas le plus élégant des chiens qui accompagnent les hommes?

Capable de beaucoup de douceur et d'affection,

tout à l'image de notre rivière, qui sait se lover avec tendresse contre les berges.


C'est aussi un animal symbole de course et de performance comme notre belle rivière, capable de dévaler à forte vitesse les pentes pourtant fort modestes de sa vallée!


Un court cours d'eau!
25 kilomètres, voila la longueur totale de la Lévrière!
Elle naît à Bézu la Forêt dans la partie orientale de la Forêt de Lyons et coule en direction du sud-est, parallèlement à l'Epte, à 3 kilomètres à l'ouest de celle-ci.

A Bézu Saint Eloi, elle reçoit en rive droite, la Bonde qui vient d'Etrépagny, puis elle conflue avec l'Epte en aval de Gisors, à Neaufles Saint Martin au terme d'un cours intégralement situé dans le département de l'Eure et en Pays du Vexin Normand.

Le bassin hydrographique de la Levrière est formé de plateaux crayeux recouverts de limon, légèrement surélevés et affectés de petites déformations de direction armoricaine. Les flancs de la vallée sont occupés, en rive gauche, par des affleurements de craies du Crétacé et, en rive droite, par des colluvions quaternaires.
A son exutoire, le débit de la Lévrière, dans le cadre d'un régime pluvial océanique, est estimé à 2,3 m³/s pour un bassin versant d'une superficie de 318 km². Ce dernier est affecté par un climat océanique dont la température moyenne annuelle est voisine de 10 °C avec une amplitude thermique annuelle faible (8 °C) et dont les précipitations atteignent 700 mm par an.
C'est une rivière tranquille, assez réservée et qui ne cherche aucunement la célebrité. Fort heureusement, elle est signalée par ce panneau.

Une très bonne idée des décideurs de la région d'ailleurs, ce panneau, car dans sa grande simplicité, il ne tient pas la vedette; il l'annonce!
Une musique pour la Lévrière
C'est une petite symphonie pastorale qui se joue sur les bords de la rivière.
L'orchestre c'est le vent dans les cîmes et le doux clapotement de l'eau. Il accompagne ces remarquables solistes que sont les oiseaux.
Parfois, les soirs d'été, quelques rainettes ponctuent la mélodie...

A la recherche des sources de la Lévrière
Non, on ne peut pas comparer avec la longue et pénible expédition de recherche des sources du Nil!

Mais c'est tout de même un petit jeu de piste, avec quelques indications, comme ce panneau ...

près de la maison forestière de Rome (oui, tous les chemins y mènent!)...

... et puis ensuite, plus rien!
C'est pourtant simple finalement: il faut suivre la route forestière de la Fontaine du Houx, là juste en dessous...

D'abord carossable et permettant l'exploitation de la forêt, elle devient vite un peu moins praticable.

Mais la récompense est au bout du chemin!

Certes, ça manque un peu de romantisme, mais c'est sûrement très opérationnel!

Le héron, le plus statique des oiseaux de rivière
On l'aperçoit en passant sur le pont.
C'est un grand héron gris, totalement figé dans une immobilité confinant à la rigidité des statues.

A force de ne plus respirer pour ne pas attirer l'attention des poissons, il a pris racine à cet endroit précis. Ce doit être un excellent poste d'observation!

N'est-ce pas curieux cette silhouette verticale, muette et figée regardant fuir une guillerette diagonale mélodieuse et porteuse de vie?
Revenez demain, il sera encore là!
Un clocher pour gratouiller les nuages
Pointu, pointu, le clocher de Bézu!

On le devine, caché par des arbres encore dénudés, dans ce si joli chemin promu "rue de l'église".


Sa forme est de toute beauté à force de simplicité, de pureté, d'évidence.

On ne peut pas s'y tromper, son rôle est bien d'accrocher et d'égratigner les nuages.
C'est ainsi qu'ils laissent derrière eux des prés bien verts et une Lévrière pleine de vie.

La Lévrière prend son élan
Et le voici à Martagny, le célèbre panneau de la souvent discrète Lévrière!

Certes, les ponts en pierres de la région empêchent de la voir lorsque l'on passe en voiture.
Mais ils ne manquent pas de charme et de solidité.

Et c'est bien agréable de se pencher confortablement et sans risque au dessus de la rivière.

A cet endroit elle a déjà bien grossi, on la sent gaillarde! Regardez comme elle est claire! On en boirait!

Une petite ballade sur la rive le confirme, le courant est bien réel et une brindille jetée à l'eau disparait en moins d'une seconde!





